Le Profit, plutôt que la Croissance Rapide : Pourquoi nous faisons ce Choix

Le Profit, plutôt que la Croissance Rapide : Pourquoi nous faisons ce Choix

« Plus c’est grand, mieux c’est » : voilà l’idée qui domine les esprits lorsqu’on est à la tête d’une entreprise.
Mes amis et ma famille me demandent très souvent : « Alors, combien de personnes travaillent pour toi maintenant ? », et je parie que c’est la même chose pour vous.

Dans notre société, on utilise souvent le nombre de personnes travaillant pour votre entreprise pour mesurer le succès de votre entreprise. Pourtant, ce n’est pas toujours la bonne unité de mesure, et la croissance ne doit pas forcément être la valeur par défaut.

En ce qui me concerne, accroître le nombre de personnes dans mon équipe n’est pas un objectif.

Vraiment pas.

Nous embaucherons probablement d’autres personnes au cours des prochaines années, mais seulement de façon contrôlée, et seulement si ces ressources supplémentaires seront vraiment nécessaires. Seulement si je n’ai pas d’autre choix.

Nous nous concentrons sur la rentabilité, sur un juste équilibre entre vie pro et vie perso, et nous essayons de prendre du plaisir à travailler, sans trop de stress.

Voilà les 3 éléments qui ont le plus de valeur à nos yeux.

Pourquoi nous choisissons le profit, plutôt qu’une croissance rapide

C’est le profit, qui compte pour nous, pas la taille.

Si nous ne sommes pas rentables, nous serons obligés d’emprunter de l’argent pour soutenir l’entreprise (sous forme de dettes ou de capitaux propres). Ensuite, les gens à qui nous aurions emprunté seraient propriétaires d’une partie de l’entreprise, et donc de notre temps, et nous aurons perdu notre liberté.

Nous ne voulons pas que cela arrive. Nous choisissons donc de nous concentrer sur notre profit, pas sur notre taille.

Nous reconnaissons et apprécions les avantages d’une petite entreprise simple et rentable.

Nous aimons travailler en équipe réduite, dépenser moins en frais généraux, avoir moins de réunions et moins de délais à respecter.
Nous profitons de notre liberté et de notre flexibilité.

Qu’y a-t-il de mal à mettre son ego de côté et à faire ce qui vous rendra heureux ?

the importance of freedom and flexibility via archisnapper blog

Attention, je ne dis pas que vouloir faire grandir son entreprise est une mauvaise chose.

En revanche, cela doit rester une décision consciente, et non un objectif automatique à atteindre.

Chaque propriétaire d’entreprise devrait réfléchir à ses objectifs personnels dans la vie et, à partir de là, choisir activement le type d’entreprise qu’il ou elle souhaite diriger.

Votre objectif (et votre ambition !) est peut-être de faire croître votre entreprise en concluant plus d’affaires, en ayant davantage de clients et en travaillant avec une équipe plus importante.

Votre objectif peut être d’atteindre une équipe d’une taille de 20 à 30 personnes.

Votre objectif est peut-être d’accroître votre impact.

Ce sont des objectifs tout à fait louables.
Sachez toutefois que la croissance rapide d’une entreprise comporte des défis et des risques, qui peuvent avoir des conséquences sur votre vie personnelle si vous ne le faites pas correctement.

Donner priorité à une croissance rapide risque de vous mener à deux erreurs souvent coûteuses.

Erreur n°1 : vous négligerez inévitablement vos clients.

Avoir la pression de conclure chaque mois des projets de 100 000 € ou 200 000 € pour pouvoir assumer le poids salarial est une pression énorme.
Par conséquent, lorsque vous vous concentrez sur la croissance et que vous travaillez dans le secteur des services (par exemple, comme architecte, ingénieur, concepteur, entrepreneur ou rédacteur), vous deviendrez inévitablement moins sélectif quant aux clients pour lesquels vous choisissez de travailler.

Vous serez tenté d’accepter des projets qui n’en valent pas la peine, voire carrément toxiques : des projets pour des clients avares, ou pour des clients qui vous voient comme un coût mais qui n’apprécient pas la valeur que vous leur apportez.

Des clients qui négocient vos marges à la baisse, des clients qui vous appellent tard le soir et qui changent d’avis mille fois… je suis sûr que vous les reconnaîtrez.

Lorsqu’on commence à accepter des projets uniquement pour les revenus qu’ils rapportent, pour pouvoir financer une croissance accélérée, on risque d’accepter des projets qui n’en valent pas la peine, pour des clients qui n’en valent pas la peine.

Travailler pour ces clients-là peut être nocif pour votre entreprise, réduisant les profits et sapant le moral de votre équipe.

À l’inverse, lorsque votre objectif n’est pas de croître, mais de gérer une petite entreprise stable et rentable, vous êtes libre d’être plus sélectif quant aux projets sur lesquels travailler, puisque vous n’avez pas à financer cette croissance rapide.

Les chefs d’entreprise qui font le choix conscient d’une entreprise de petite taille/stable/rentable citent souvent la « qualité de vie » comme principal moteur de ce choix.

Ils veulent continuer à aimer leur travail et refusent les projets pour les clients stressants, exigeants et irrespectueux, même si ces clients sont intéressants financièrement.

Erreur n°2 : la qualité de votre travail risque d’être impactée.

Une croissance accélérée implique un second risque, celui d’affecter la qualité de votre travail.

En cas de croissance rapide, vous aurez besoin d’aide plus rapidement que si la croissance est graduelle. Une croissance rapide affecte vos décisions concernant vos clients, et elle peut également affecter vos décisions d’embauche.

Vous vous montrerez peut-être moins sélectif, car vous devrez embaucher plus rapidement.

Et cette précipitation peut vous coûter cher.

En termes d’embauche, lorsque vous faites les mauvais choix, vous vous retrouverez à faire du micro-management, intervenir ou même faire le travail vous-même pour rester au niveau de qualité que vous souhaitez.

Vous devrez constamment intervenir, ce qui peut s’avérer épuisant.

Si vous avez bien réfléchi et que vous êtes arrivé à la conclusion que vous voulez avoir plus d’impact, gagner plus de contrats et gérer une plus grande équipe… lancez-vous – tant que ce n’est pas simplement une question d’ego et d’argent !

Mais assurez-vous de tenir compte de ces trois éléments cruciaux :

  1. Embauchez les bonnes personnes. Embauchez des personnes autonomes.
  2. Travaillez votre entreprise, plutôt que pour votre entreprise.
  3. Choisissez bien vos clients, et augmentez vos tarifs dès maintenant.

Ceci étant …

La liberté n’a pas de prix : une entreprise de petite taille comporte de nombreux avantages.

Gérer une petite entreprise stable et rentable rime avec moins de soucis… :

  • moins d’espace de bureau à louer,
  • moins de gestion de trésorerie,
  • moins de frais généraux,
  • moins de réunions,
  • moins de propositions,
  • moins de négociations,
  • moins de clients à gérer et donc à satisfaire,
  • moins de gestion de trésorerie,
  • moins d’employés à recruter, à gérer et à garder,
  • moins de problèmes de qualité,
  • moins de « managers », moins de consultants
  • … moins de maux de tête

Entouré d’une petite équipe soigneusement sélectionnée, vous ferez ce que vous aimez : travailler sur de bons projets pour de bons clients, ceux qui apprécient votre travail et vous respectent pour le travail accompli.

Vous serez en mesure de prendre le temps de faire votre travail conformément à la qualité à laquelle vous aspirez, et de proposer quelque chose qui suscitera la fierté de votre client – et la vôtre !

Être à la tête d’une petite entreprise peut vous offrir la liberté de vivre votre vie comme vous l’entendez : travailler quand vous voulez, d’où vous voulez et pour les clients que vous voulez.

live on your own terms via archisnapper blog

À mes yeux – et c’est le cas d’autres chefs d’entreprise que je connais – cette liberté n’a pas de prix.

C’est une liberté à laquelle je ne voudrais jamais renoncer.

Enfin, « petit » ne rime pas forcément avec « moins rentable ».

Je connais beaucoup d’entrepreneurs solo et de petites agences qui marchent très bien, et qui ont un bel équilibre entre leur vie familiale et leur vie professionnelle.

Ces « petits » entrepreneurs aiment leur métier et leur travail est toujours d’une grande qualité. De plus, ils ont une bonne approche de vente et de tarification, ce qui est tout aussi important. Il n’y a rien de mal à facturer des honoraires (très) élevés si la qualité de votre travail le justifie.

Au contraire : au lieu d’embaucher des gens pour prendre en charge plus de projets, augmenter vos tarifs augmente directement votre résultat net, ce qui est beaucoup (beaucoup) moins stressant.

Quelque soit le choix que vous ferez, faites-le de manière consciente. Ne laissez pas la croissance devenir l’option par défaut. Ne tombez pas dedans par hasard. Ne laissez pas l’opinion générale de la société vous influencer. Pensez par vous-même, indépendamment de toutes les opinions d’autrui, et lancez-vous.

Bonne chance !

Je souhaite finir cet article sur deux notes.

Voici un beau témoignage sur ce sujet, par James Sudakow. « Je me souviens avoir dit à ma femme, au terme de ces deux années, que je ne le referai plus (faire croître une entreprise le plus rapidement possible). Ça n’en valait pas la peine, malgré les énormes revenus et bénéfices. »

Un épisode très intéressant sur le podcast Hubstaff, par Ryan Waggoner sur le fait de gagner plus de 250 000 $ par an en tant que freelance. « Au lieu d’agrandir votre équipe dès que la charge de travail le justifie, vous pouvez simplement appliquer des tarifs plus élevés. » En fait, Ryan suggère d’augmenter vos tarifs après chaque projet jusqu’à ce que vous ne trouviez plus personne pour payer.

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